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Il ne peut en rester qu'un // Týr
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Sujet : Il ne peut en rester qu'un // Týr   
Publié : Jeu 7 Juin - 14:13


Il ne peut en rester qu'un.
Il fallait être honnête, cela faisait longtemps que je n'avais pas pris une cuite comme celle-là. Je ne saurais même plus dire pourquoi j'ai bu autant, mais ce qui importait maintenant, c'était de trouver un remède pour calmer la bête qui tambourinait violemment à l'intérieur de ses tempes. Je m'assis lourdement sur mon lit en manquant de trébucher sur le cadavre de feu mon ami William Peel et je tentais de remettre mes idées en place. Il semblait évident qu'écrire n'était pas la bonne solution dans mon état, je n'arriverais à rien, à commencer par distinguer clairement les notes sur la partition. S'imposait donc la solution numéro 2: jouer. Très bien, c'était déjà ça, maintenant il s'agissait de savoir de quoi. Contrebasse ? Il faut se tenir debout pour ça, et dans mon état actuel ça ne semble pas être une idée si lumineuse. Clarinette ? Trop dur de souffler, et puis les vapeurs d'alcool ne sont pas très recommandées sur ce genre d'instrument. Guitare ? La solution était là, du moins si je pouvais en jouer. J'en ai cassé la moitié des cordes hier, ce qui pourrait expliquer pourquoi j'aurais eu envie de m'envoyer un verre. Et puis, comme une révélation, je me souviens que le piano venait enfin d'être réaccordé. Je me dois d'aller vérifier comment il sonne à présent. Forcément mieux qu'avant, le froid ne lui avait vraiment, vraiment pas fait de bien à ce pauvre bébé.

Alors, je prends une grande inspiration, retiens un coup fourré de mon estomac visiblement vexé que je le délaisse pour un instrument de musique, et me lève, non sans mal. Oh, j'avais encore mes loques de la veille, et ma tête devait suffir à repousser une armée. J'attrape rapidement un peigne pour pouvoir dire que j'ai fait un effort et le repose aussi rapidement après avoir tenté d'arranger au moins mes cheveux en bataille. Et puis après tout on est dans un cirque, les gens se baladent barbouillés de peinture et habillés comme des daltoniens du siècle dernier alors ça ne devrait pas trop choquer. Je saisis donc la poignée avec un sursaut de motivation rapidement calmé par la violence du soleil qui pénétra mes yeux pour brûler ma cornée de l'intérieur. Je baisse donc la tête en plissant les yeux et je commence à traîner des pieds jusqu'à la tente où se trouve le dit piano. À vu de nez, il devait être environ 15h, et à cette heure-ci, le brouhaha ambiant atteignait son pic d'intensité, et cela faisait également atteindre à mon mal de crâne son pic d'intensité. Je me concentrai le plus fort possible sur mes pas pour ignorer ce boucant et accessoirement ne pas trébucher jusqu'à arriver à la tente. Et là, c'est le drame.

Il y a quelqu'un d'autre devant le piano, en train de jouer en plus. Inadmissible. Je prête tout de même une oreille à ce qu'il joue, histoire de se faire une petite idée de l'individu. Bon, il ne jouait pas si mal que cela, enfin j'avais entendu pire, et sa voix n'était pas non plus complètement fausse, mais c'était quand même loin d'être transcendant. Maintenant, il fallait le faire partir, mais avec tout de même un peu d'originalité et de classe. J'avance discrètement en direction du piano pour m'y accouder, je le regarde, et je parle. C'était un plan somme toute assez simple. Alors, je l'applique. Après m'être approchée, je lui lance un des regards hautains dont j'avais le secret et je lui lance quelques mots avec un voix tranchante, mais tout de même assez mielleuse.

'' Alors Sinatra, on a jamais entendu parler d'accords enrichis ? C'est fini les années 50, il faut évoluer. ''

D'expérience, la plupart des gens prennent peur et s'en vont en bafouillant après ce genre de remarque, c'était un plan qui avait déjà fait ses preuves.
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Sujet : Re: Il ne peut en rester qu'un // Týr   
Publié : Mar 12 Juin - 15:41

Il ne peut en rester qu'un
Elke & Týr

J'ai froid. Je marche le plus vite possible pour me réchauffer mais je suis quand même gelé. Je me dépeche d'entrer dans la tente et souris une fois à l'intérieur. Il fait meilleur dedans mais ce n'est pas pour ça que je souris. Il est là. Il m'attend. Toujours aussi beau que la dernière fois que je l'ai vu. Je m'approche et laisse courir mes doigts sur les touches. Il a été accordé depuis la dernière fois. Ils ont fait ça pour moi je le sais. Depuis qu'ils m'ont entendu jouer comme je pouvais, que Joker a demandé de m'avoir comme accompagnateur, ils ont fait venir quelqu'un et ils l'ont fait ré-accordé.

Je m’assois devant et laisse mes doigts commencer à jouer. Je souris alors que la musique résonne doucement. J'ai peine à y croire. Il y a quelques jours encore je déchargeais des caisses et montais les décors. Maintenant... je me suis découvert ce talent inattendu et je vais monter sur scène pour jouer et accompagner une artiste. J'ai l'impression de rêver. Je ne savais même pas que je savais jouer et là... je n'arrive plus à m'en passer.

Je n'ai qu'une vague idée de ce que je fais. Je me laisse juste aller à jouer ce qui me passe par la tête sans réfléchir à ce que je fais. C'est instinctif, comme si mes doigts se rappelaient toujours de ce que mon esprit avait oublié. Je ferme les yeux et me concentre. Pour le moment je ne pense pas à ce que m'a demandé Joker pour son spectacle. Je me contente juste de jouer.

'' Alors Sinatra, on a jamais entendu parler d'accords enrichis ? C'est fini les années 50, il faut évoluer. ''

Je sursaute et rate les touches en entendant parler. J'étais tellement perdu dans mes pensées que je n'ai même pas réalisé que quelqu'un était arrivé entre temps. Ca ressemble à une insulte mais je n'en saisi pas tout. Je n'ai aucune idée de qui est son sinatra et pas non plus ce que sont des accords enrichis. Je joue juste ce qui me passe par la tête.

Je soupire et détourne le regard pour me remettre à jouer. Mes doigts repartent de leur côté et la mélodie que je jouais avant se complexifie sans que j'y sois pour quoi que ce soit.

Franchement je ne sais pas qui c'est mais niveau amabilité je pense qu'elle peut revenir.

Je hausse vaguement les épaules avant de répondre.

- Je ne sais pas qui est votre Sinatra mais je pense que lui au moins à défaut de connaitre les accords enrichis savait au moins dire bonjour.

Je relève le visage et la regarde en lui faisant un grand sourire ironique.

- Bonjour mademoiselle, que me vaux le plaisir de votre compagnie?


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Sujet : Re: Il ne peut en rester qu'un // Týr   
Publié : Mar 12 Juin - 17:24


Il ne peut en rester qu'un.
Voir ce pseudo-musicien sursauter m’apporta un grand réconfort, je l’avoue. Mais ce n’étais pas l’heure de rire innocemment, le plan A n’avait pas marché. C’était pourtant assez bien parti : il avait eu peur, et avait même arrêté de jouer en faisant ironiquement sonner un très bel accord enrichi -jusque là l’accord le plus artistiquement légitime qu’il aie joué. Cependant, il n’avait pas semblé saisir cette offense dont j’étais pourtant si fière. Il vient de recommencer à jouer, l’insolent ! Je cachais intérieurement ma rage, bien qu’à l’intérieur je fulminais. La très mauvaise nuit que je venais de passer ne devait certes pas aider à préserver ma bonne humeur, mais dans tous les cas, cela ne devait pas rester impuni.


« Je ne sais pas qui est votre Sinatra mais je pense que lui au moins à défaut de connaître les accords enrichis savait au moins dire bonjour. »


Ainsi, tu veux t’en prendre à moi ? Très bien, mais sache que tu n’en sortiras pas vainqueur, petit.


Je me penche sans un mot vers lui, les mains croisées dans le dos pour m’éviter de l’atteindre au visage trop rapidement. Une fois mon visage à quelques centimètres seulement du sien -j’avais bien fait de garder des pastilles à la menthe – j’affiche un immense sourire aussi faux que sa connaissance de la musique était réduite. Bien sûr, mes intention sont trahies par le regard assassin que je lui jette en même temps, mais cela n’étais pas un problème puisque l’objectif de la manœuvre était l’intimidation. Avant que je puisse prononcer un mot, il relève la tête et me gratifie d’un « Bonjour mademoiselle, que me vaut le plaisir de votre compagnie ? ». Mon sourire s’élargit encore à ses mots. Il allait bientôt comprendre. Je prends une grande inspiration, fais craquer mon cou, et réduit encore un peu plus l’espace qui séparait nos deux visage en le fixant droit dans les yeux.


« Alors comme ça, en plus d’être mauvais, tu es inculte. Tu as bien ta place au cirque, pas en tant que musicien mais plutôt en clown. Maintenant soit galant et laisse la place à ceux qui savent jouer, veux-tu ? »


Celle-là au moins je suis sûre qu’il va la comprendre, le cas contraire, sa place est non devant un piano mais bien à l’école. Quoi qu’il en soit, je m’écarte un peu et me redresse en le regardant de haut, attendant maintenant qu’il me cède l’accès au piano. Cela faisait des semaines que je réclamais qu’on ne l’accorde, ce n’était pas pour que ce guignol le monopolise, surtout si c’était pour faire.. ça.
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Sujet : Re: Il ne peut en rester qu'un // Týr   
Publié : Mar 12 Juin - 18:47

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Je rêve où elle tente de m'intimider à me fixer comme ça à deux centimètres de mon visage? Non parce qu'à part m'emmerder elle arrive pas à faire grand chose d'autre. Et en plus elle a une haleine de poney c'est insupportable. Je sais qu'on s'en fout un peu tous de l'apparence ici au cirque mais elle a la dégaine d'une clocharde et l'haleine qui va avec. Et elle vient encore me faire chier. J'ai rien demandé à personne moi. Je dois me préparer parce que dans deux jours je dois passer sur scène avec Joker, j'ai pas le temps de me prendre la tête avec elle.

Elle fait craquer son cou et se rapproche encore plus de moi. Donc la politesse elle ne connait pas, la brosse à dent non plus surement et un minimum de règles de bienséance concernant les limites tolérables entre deux êtres humains non plus. J'en peux plus là mais si je me recule elle va prendre ça pour un signe de faiblesse et me faire encore plus chier.

« Alors comme ça, en plus d’être mauvais, tu es inculte. Tu as bien ta place au cirque, pas en tant que musicien mais plutôt en clown. Maintenant soit galant et laisse la place à ceux qui savent jouer, veux-tu ? »

Galant? C'est le comble de l'ironie je crois venant d'elle. Je cesse de jouer et la regarde en soupirant. J'ai besoin de me concentrer pour tenter d'arriver à quelque chose et elle ne m'aide pas du tout. Je décide d'y aller franco et d'être honnête. On verra bien ce que ça donne. De toute façon ça ne peut pas être pire que maintenant où elle me souffle son haleine dans la gueule.

- Inculte, non. Juste amnésique. Je ne sais pas qui est le président alors savoir qui est Sinatra tu penses bien que ça me passe loin au dessus.

Déjà que je tente de savoir un minimum qui je suis ça serait déjà pas mal. Je m'occuperais de Sinatra et de qui elle veut beaucoup plus tard. Là pour le moment c'était vraiment loin d'être ma priorité.

- On a fait accorder ce piano pour moi. Je dois jouer dans deux jours avec une étoile dans le big show donc si tu voulais bien me foutre la paix et aller emmerder quelqu'un d'autre ce serait sympa.

Je me détourne d'elle et me replonge dans ma mélodie. Je ferme les yeux et tente de me détendre. J'essaie de jouer du mieux que je peux, essayant de trouver l'ambiance qu'elle m'a demandé. Je fais abstraction de la jeune femme pour me concentrer uniquement sur la musique. Je laisse les notes m'emporter une fois de plus, m'entrainant dans des mélodies que je ne maitrise pas consciemment.


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Sujet : Re: Il ne peut en rester qu'un // Týr   
Publié : Mer 13 Juin - 14:16


Il ne peut en rester qu'un.
Inculte, non. Juste amnésique. Parce qu’il croit que ça change quelque chose ? Amnésique ou pas, ça ne change en rien ce qu’il est en train de jouer, et je sens que mon exaspération commence à grimper en flèche. Sans rire, c’était qui lui ? On dirait une mauvaise blague, et elle n’est vraiment pas drôle.


On a fait accorder ce piano pour moi. Je dois jouer dans deux jours avec une étoile dans le big show donc si tu voulais bien me foutre la paix et aller emmerder quelqu'un d'autre ce serait sympa.


C’est n’importe quoi, on a fait accorder le piano pour cet espèce de singe savant ? Et il se croit exceptionnel parce qu’il va jouer dans le big show ? Ça commence à m’énerver tout doucement. Ça fait presque un an que je suis ici à écrire et jouer pour le cirque sans qu’on ne me remarque le moins du monde et ce mec là touche un piano et croit qu’il est un virtuose parce qu’une stupide étoile l’entend jouer ses pauvres petits accords ? Trop c’est trop.


Sur mon visage, plus un grand sourire mais une mine sombre empreinte de toute la force que j’utilise pour contenir mon courroux grandissant. Et puis après tout, pourquoi le contenir ? Je ne le connais pas, et il est loin d’être agréable. Ça ne me fera pas de mal d’évacuer un peu la pression. Je prends donc une grande inspiration, je rassemble mes pensées pour éviter bégayer, et je relâche.


« Oh, tu es amnésique ? Ça me fait une belle jambe. Ce que tu fais là, tout le monde peut le faire. »


Il est en train de jouer – peut-être malgré lui, peu importe – un standard que toute personne versée un peu sur la musique a déjà joué. J’approche rapidement une main près du clavier pour jouer furieusement la suite de son thème dans une octave grave, n’ayant pas accès à une autre partie de l’instrument.


« Tu vois ? Tu ne fais rien d’exceptionnel, tu n’es pas exceptionnel. Tu crois que tu es un artiste ? Les artistes savant parfaitement ce qu’ils font, et le font pour une raison précise. A ce que je vois, tu ne comprends rien du tout à ce que tu fais, tu laisses tes doigts aller au hasard. Tu l’as peut-être été un jour, mais maintenant tu es un imposteur. Tu n’as aucune idée de ce que tu joues, il n’y a strictement rien à tirer de ce que tu fais. Alors non, je ne vais pas te foutre la paix tant que tu ne m’auras pas prouvé que tu mérites d’être assis en face de ce piano. »


Il va très certainement me répondre qu’il s’en fiche, qu’il était là avant moi ou encore une autre excuse pour compenser son manque de légitimité, mais au moins ça fait du bien de le dire.
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Sujet : Re: Il ne peut en rester qu'un // Týr   
Publié : Jeu 14 Juin - 13:42

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Elle perd son sourire à mes paroles. Enfin ce n'était pas un vrai sourire, plutôt une grimace sarcastique qu'elle me faisait.

« Oh, tu es amnésique ? Ça me fait une belle jambe. Ce que tu fais là, tout le monde peut le faire. »

Et elle me pousse pour jouer la fin du morceau que j'étais entrain de jouer. Mes mains retombent et je cesse de jouer. Elle m'énerve. Je ne sais pas ce qu'elle a mais j'apprécie moyennement qu'elle passe ses nerfs sur moi comme ça. Je ne lui ai rien fait. Je ne fais que jouer sans rien lui demander. Peut être qu'elle s'est fait plaquer ou un truc dans le genre et qu'elle a besoin de défouler sa mauvaise humeur sur quelqu'un mais je ne suis pas non plus d'humeur à supporter tout ça.

« Tu vois ? Tu ne fais rien d’exceptionnel, tu n’es pas exceptionnel. Tu crois que tu es un artiste ? Les artistes savant parfaitement ce qu’ils font, et le font pour une raison précise. A ce que je vois, tu ne comprends rien du tout à ce que tu fais, tu laisses tes doigts aller au hasard. Tu l’as peut-être été un jour, mais maintenant tu es un imposteur. Tu n’as aucune idée de ce que tu joues, il n’y a strictement rien à tirer de ce que tu fais. Alors non, je ne vais pas te foutre la paix tant que tu ne m’auras pas prouvé que tu mérites d’être assis en face de ce piano. »

Non mais elle se fout de ma gueule là? J'ai bien tenté de rester calme mais là ça en est trop. Elle n'a pas à m'insulter comme ça. Je ne sais pas qui elle est ni ce qu'elle fait dans le cirque mais je ne lui dois rien. Et je n'ai surtout pas à supporter de me faire hurler dessus par une clocharde hystérique sans aucune raison.

Alors je me lève et la foudroie du regard.

- Te prouver que je mérite de jouer? Mais qui tu es pour décider de qui peux jouer ou non? Que je sache tu n'es pas la patronne ici. Tu ne t'occupes pas de la direction des numéros. Tu n'es pas la grande manitou du piano. Donc je ne te dois rien. Je n'ai pas à me justifier sur le fait d'être ici et de jouer. Si ça te trou le cul de me voir jouer je n'y suis pour rien. Tu n'as qu'à te casser et aller faire autre chose le temps que je finisse. Comme aller te laver pour tenter de ressembler vaguement à quelque chose!!

Je sais c'est bas et pas vraiment sympa mais elle m'a poussé à bout. Alors franchement elle l'a bien cherché.

- Et de quel droit tu définies qui est un artiste et qui ne l'est pas? Si être un artiste c'est répété par coeur des notes qu'on nous a appris alors non effectivement je n'en suis pas un. Si j'ai pris des cours de musique dans ma vie je ne m'en souviens pas. Mais pour moi ce n'est pas ça être un artiste. Un artiste est quelqu'un qui se donne entièrement à son art pour créer une oeuvre qui le transcende. L'art devrait se foutre des codes et des règles. On ne peut pas enfermer les choses dans des petites cases et décréter que ceci est beau et ceci ne l'est pas. Je ne prétends pas non plus être un artiste selon cette définition. Je joue juste avec mes tripes, avec ce que je ressens sans me laisser enfermer dans des codes que j'aurais pu apprendre dans le passé.

Je me recule un peu, essayant de me calmer.

- Maintenant j'aimerais juste pouvoir me préparer à mon spectacle. Parce que ouais comme tu le dis si bien je ne sais pas ce que je fais. Je sais juste que quelqu'un a trouvé ce que je faisais pour mon petit plaisir suffisamment bien pour le faire sur scène. Alors je répète pour tenter d'être à la hauteur donc si tu pouvais me laisser faire tranquille...

Je me réinstalle devant le piano et évite son regard.

- Et désolé pour ce que j'ai dit... tu ne ressembles pas à rien, tu as le droit de... d'être habillé comme tu veux. Mais je n'apprécie pas de me faire agresser sans raison...

Peut être que là elle comprendra et qu'elle me lachera enfin. Je suis déjà assez stressé par toute cette histoire sans qu'elle vienne en rajouter une couche.

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Sujet : Re: Il ne peut en rester qu'un // Týr   
Publié : Jeu 14 Juin - 20:50


Il ne peut en rester qu'un.
Il vient d’arrêter de jouer. C’est déjà une bonne chose, mais la dernière fois qu’il s’est arrêté il a repris à peine quelques secondes après, alors.. Ah, maintenant il se lève, ça part bien, mais je n’aime pas du tout le regard qu’il me porte. Je ne m’attendait pas à ce qu’il prenne bien ce que je lui ai dit, mais là il a l’air parti pour me faire un monologue sur la moralité, je crois que je ne vais pas l’écouter.


Te prouver que je mérite de jouer ? Mais qui es-tu pour décider, bla, bla, bla..


Dans le mille. Traduction:je suis vexé par ce que tu viens de dire et même si c’est la stricte vérité je ne veux pas l’entendre. Un cas classique de déni. Ah, il semble marquer une pause, je vais le regarder avec un air offusqué, histoire de faire semblant que ce n’est pas la millième fois qu’on me ressert le même discours. Attention, le voilà reparti, et cette fois-ci sur sa vision de l’artiste. De deux choses l’une : si j’avais su que j’aurais dû donner un cours d’art en venant ici, je ne serais certainement pas venue, et ensuite, si j’avais su qu’il ne comprendrait que la moitié de ce que je lui dirait, je ne me serais pas donnée la peine de parler autant.


Et de quel droit tu définies qui est artiste et qui ne l’est pas, blablabla, créer un œuvre qui le transcende, blablabla, enfermer dans des codes, blablabla.


Génial, il vient de se discréditer tout seul, je n’ai plus rien à faire. Il recule ? Oh regardez le qui regrette de s’être emporté. J’ignore explicitement la partie de son plaidoyer où il tente de passer pour quelqu’un de bien. Si tu t’énerves sur moi et que dans l’instant d’après tu recules et tu baisses les yeux, tout ce que tu viens de dire ne sert à rien ; tu pourrais au moins soutenir mon regard. Mais. Il se rassoit. J’y crois pas, tout ça pour qu’il repose ses fesses en face du piano. Vraiment du temps gâché, autant pour moi que pour lui.


Et désolé pour ce que j'ai dit... tu ne ressembles pas à rien, tu as le droit de... d'être habillé comme tu veux. Mais je n'apprécie pas de me faire agresser sans raison...


Je crois qu’il a fini. Il va falloir je lui explique quand même certaines autres petites choses. Je pousse un long soupir d’exaspération avant de parler à mon tour, sur un ton surprenamment calme, je dois avouer.


« Tout d’abord tu me demandes qui je suis ; sache que dans ce cirque je suis et de très loin la personne qui connaît le plus la musique et tout ce qui s’y rapporte, et c’est même pour ça que je suis là. Ensuite, je sais que je ressemble à une clocharde, et pour être tout à fait sincère, ça ne me fait rien du tout qu’on me le dise. Ensuite Môsieur Je-Joue-Juste-Avec-Mes-Tripes, il va falloir m’expliquer comment tu peux prétendre vouloir sortir d’un quelconque cadre si tu ne sais même pas où il est et ce qui le constitue. L’art ne se fout certainement pas des codes et des règles, bien au contraire. Tous ces artistes que tu ne connais pas et dont tu penses certainement beaucoup de bien tout de même parce qu’ils ont su briser les codes, eh bien désolée de te l’apprendre mais ils ont étudié ces mêmes codes avant de pouvoir s’en affranchir. Ce que je veux que tu comprennes c’est que sans avoir pleinement conscience de ce que tu joues, tu ne pourras en aucun cas progresser et éventuellement tendre vers ta si chère transcendance. Savoir ce que l’on joue ce n’est pas jouer des notes par cœur, c’est choisir les notes que l’on veut entendre, et ne laisser au hasard que la réceptivité du public. Toi tu fais tout l’inverse, tu joues au hasard pour plaire à ton public, sans réellement comprendre pourquoi. »


Je marque une pause, histoire qu’il aie le temps de bien assimiler tout ce que je lui dis, et aussi de soupirer encore. J’adore soupirer.


« Je vais te dire quelque chose, alors mémorise le bien : je n’ai jamais dit que tu jouais mal, ta technique est même assez convenable, ce que je dis c’est que sans savoir ce que tu fais jamais tu n’arriveras à tes fins. J'imagine que je peux te proposer.. de t'aider à retrouver toute cette connaissance qu'il te manque. Ce sera pas facile mais apparemment tu as déjà appris une fois, pourquoi pas une deuxième?  »


J'en reviens pas de lui avoir proposé ça. Certes je suis désœuvrée au plus haut point, mais bon, de là à lui offrir de l'aide.. Enfin bon, on ne peut pas effacer ce qui est dit je suppose.
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Sujet : Re: Il ne peut en rester qu'un // Týr   
Publié : Mer 20 Juin - 10:42

Il ne peut en rester qu'un
Elke & Týr

Et elle parle elle parle, ne faisant que continuer de me descendre. De toute façon je pense que quoi que je pourrais dire elle continuera de me juger comme un moins que rien et un imposteur. Mais est ce que ce n'est pas ce que je suis? Je joue en utilisant ces souvenirs d'une autre vie qui se refuse à moi. Je joue sans pouvoir mettre des mots sur les notes que je sors. Je ne dis rien. Je laisse l'avalanche d'insultes déferler sur moi et encaisse tout sans rien dire. Peut être que je devrais partir, laisser tomber cette vie qui s'offrait à moi. Mais je ferais quoi? Je ne sais rien faire. Je n'ai nulle part où aller, pas de famille, pas d'amis, pas de métier entre les mains, même pas d'identité à moi. Le cirque est le seul endroit qui m'a donné une chance, qui m'a hébergé et qui maintenant arrive à me convaincre que je suis bon pour quelque chose. Enfin ça s'était jusqu'à maintenant...

« Je vais te dire quelque chose, alors mémorise le bien : je n’ai jamais dit que tu jouais mal, ta technique est même assez convenable, ce que je dis c’est que sans savoir ce que tu fais jamais tu n’arriveras à tes fins. J'imagine que je peux te proposer.. de t'aider à retrouver toute cette connaissance qu'il te manque. Ce sera pas facile mais apparemment tu as déjà appris une fois, pourquoi pas une deuxième? »

Si je frappe sa tête contre le piano ça va beaucoup abîmer le piano ou pas? Cette femme est la méchanceté incarné. Je ne supporte pas sa présence ni même l'entendre parler. Et cette façon condescendante de me parler... comme si je n'étais qu'une merde à peine digne de l'immense fleur qu'elle me fait. Et bien qu'elle aille se faire foutre.

- Tu sais quoi? Va te faire voir avec ta proposition. Ce n'est pas parce que je connaitrais le nom de cette note que je vais mieux jouer. Je sais très bien que ça... ça ne sonne pas ensemble mais que ça... c'est déjà plus harmonieux et que ça... ça tend plus vers ce que l'artiste m'a demandé.

Je joue en même temps que je parle pour appuyer mes propos. Elle me foudroie du regard. Je sens que ça va mal finir, qu'on va encore s'engueuler et que je ne vais pas le supporter. J'ai besoin de me concentrer pas qu'on vienne me rabaisser. Elle s'apprête à me répondre et...

Je me réveille en sursaut dans mon lit, le coeur battant la chamade. C'est la première fois que je fais un rêve de ce genre, non pas un rêve, un cauchemar. En général je fais des rêves, des souvenirs de mon ancienne vie mais tout s'efface avant que je n'arrive à les retenir. Là ce n'était pas pareil, c'était un cauchemar, mes craintes se matérialisant en la personne de cette pétasse blonde. Elle parlait, m'insultait, ne faisant que me répéter mes craintes. Je ne suis qu'un imposteur et ils vont tous finir par s'en rendre compte.

Je me redresse dans mon lit, faisant tomber les partitions. Je me suis endormi en révisant hier soir. J'ai essayé de rattraper tout ça, de plonger dans des tutoriels, de lire des partitions. Je ne sais pas vraiment si j'apprenais ou si je ne faisais que redécouvrir ce que je savais déjà. Je crois que c'est plutôt la seconde option. Je repousse mon ordinateur et pars me préparer à aller m'entrainer. J'ai passé des heures aussi à regarder des vidéos, à m'imprégner de la musique d'autres artistes pour essayer d'appréhender l'ambiance que l'artiste veut sur scène. Et j'ai une idée assez clair de ce que je veux faire. Les notes s'assemblent d'elles même dans mon esprit et j'ai déjà envie d'aller les jouer.

Je me prépare et quitte ma caravane pour aller retrouver le piano. Ce n'était qu'un cauchemar de toute façon...

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Sujet : Re: Il ne peut en rester qu'un // Týr   
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