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Je serai presque une ombre... ϟ Bello
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Sujet : Je serai presque une ombre... ϟ Bello   
Publié : Dim 29 Oct - 16:50

Je serai presque une ombre...

Je marcherai dans tes pas... Je te suivrai comme ton ombre... mais pas pour te faire peur, mais parce que tu m'a capturé... je m'engage à te protéger... à te protéger envers et contre tout parce que tu as su me prouver que tu étais différent... C'est cette différence que je protègerai et que je m'acharnerai à tenir en vie...

 Étrange soirée qu’ils avaient passée… Étrange nuit qu’ils avaient partagée… Pour une fois, il était venu dans sa caravane et il n’en n’était pas ressortit… Pas encore…

Alors que la journée commençait à être bien entamée, le soleil n’avait toujours pas percé les rideaux sombres et occultant de la caravane du monstre… Étant sensible à la lumière et dormant le jour pour travailler la nuit, ils lui étaient plus que nécessaire… Et souvent tirés, sans jamais bouger d’ailleurs ! À quoi bon après tout … ?

Ils s’étaient couchés bien tard… ou bien tôt ! Tout dépend du point de vue… Ils s’étaient couchés en fin de matinée… donc à un stade trop avancé dans la nuit du tatoué nocturne qui avait fait la fête après sa nuit de boulot… Et la fête c’était prolongée  et terminée dans les vapeurs de schnaps et dans les bras d’Apollo, le palefrenier diurne à l’appétit charnel insatiable envers qui des sentiments plus qu’habituels se sont développé… Il se démarquait des autres personnes avec qui le monstre couchait. Il était plus que ce gars qui venait régulièrement le voir… Il était plus que ce gamin aux désirs charnels ardents… Il était plus que cet être étrange et inconnu qui parle de trop… Il avait réussi à déclencher chez Belphé, un sentiment d’attache et d’affection plus fort que la normale… N’étant jamais ‘tombé amoureux’ comme le disent ces êtres humains, Bel n’est pas certain que ce soit ça. Même l’ayant déjà observé chez les autres, ce sentiment-là ne ressemble pas à ce qu’il connait ou à ce qu’il a déjà observé… Il tient à lui. Et depuis cette ‘nuit’ passé ensemble, ce stade s’est concrétisé.

Pour la première fois de sa carrière, Bel dormi avec un autre être humain dans le lit de sa caravane vierge de toutes autres vies…

Le monstre inspire… Il se réveille… Il ouvre les yeux. Regarde le plafond de son antre… Il a chaud… Il n’a jamais chaud lorsqu’il se réveille… Son cœur se serre… Il tourna la tête… Il le voit… Il le regarde… Il pense… Il essaye de se souvenir de la veille… Il se souvient…
Il se souvient de cet instant qu’ils ont partagé à deux. De cet instant différent des autres qu’ils ont l’habitude de pratiquer… Similaire dans l’action, mais différent dans le ressentit. Même bourré. Même fatigué… quelque chose a changé… Il le sait. Il le sent tout au fond de lui. Dans son cœur… Il le regarde et il n’est pas écœuré de son comportement… Il est juste étonné. Surpris du fait qu’un être humain ait cet effet sur lui… un être humain qu’il n’aurait jamais soupçonné, lui, qui n’a jamais été réellement surpris par la vie, ni même par son histoire… Mais il a senti quelque chose de différent chez son palefrenier… Quelque chose s’est ouvert en lui hier et cette chose l’a gobé… Alors qu’il était toujours celui qui cherchait le plaisir dans les yeux de l’autre, pour une fois, c’était son plaisir à lui qu’on était venu chercher. Qu’on était venu forcer. En fait, c’était un plaisir égal à égal… Un plaisir partagé… Un plaisir sur le même pied d’égalité.

… C’était la première fois qu’il voyait ça chez un être humain…

Apollo dormait encore… Bel n’avait qu’un peu mal sa tête…
Il retira la couverture sous laquelle ils s’étaient glissés pour dormir côte à côte… Et encore une fois, c’était la première fois qu’il autorisait quelqu’un à dormir avec lui. Délicatement, il sortit de son lit, faisant en sorte de ne pas réveiller Apollo… Il attrapa sa montre et pour regarder l’heure…

* Il est en retard… *

Pensa-t-il… Le désavantage d’être un être nocturne, c’est qu’il ne peut pas se caler sur l’horaire d’un être diurne… Mais il ne veut en aucun cas être responsable des remontrances auxquelles il risque de faire face… Et après tout ? Est-ce réellement son problème … ? Et puis, qu’est-ce que les gens vont encore raconter si on le voit sortir de sa caravane … ? Ce n’est pas tellement son genre de se soucier des ragots que l’on peut colporter sur lui, ou sur les autres… Mais ici, il s’agissait – encore une fois – d’une erreur professionnelle commise dans laquelle il avait sa responsabilité.

Il était fin d’après-midi… À moins d’attendre la nuit pour qu’il puisse sortir sans risquer de se faire voir, Bel ne voyait pas trop d’autres solutions…
Bel se lève. Il se rhabille… Il regarde un instant par la fenêtre… La journée avait été visiblement belle… Il allait bientôt devoir aller chercher son déjeuner et prendre sa douche pour pouvoir se préparer à repasser la nuit à donner de son corps et de sa personne…

Il regarda ensuite ses écorchures de la veille… Elles étaient presque invisibles, mais lorsqu’on passait son doigt dessus, on les sentait… ça n’allait pas faire l’affaire de certains clients… Tant pis.



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Sujet : Re: Je serai presque une ombre... ϟ Bello   
Publié : Mar 31 Oct - 1:01





Je serai presque une ombre...
// Belphegor
Qu'est-ce j'irais faire au paradis, quand tu t'endors près de moi. Qu'ils le donnent à d'autres le paradis, je n'en voudrais pas

Je le sens se lever, en fait, j'ai développé un réveil rapide lorsque je ne dors pas dans mon lit pour contrer les seaux d'eau froide imprévus. Certains amant n'aiment pas trouver quelqu'un dans leur lit le lendemain, et n'hésite pas à foutre tout ça dehors, avec ou sans caleçon. Belphégor n'est peut être pas de ce genre là, mais je ne peux m'en empêcher. Et puis j'ai suffisamment dormi je crois. Je ne sais pas quelle heure il est mais je devine que la journée est pratiquement passée, et donc que j'ai loupé le travail. Mais ce qui m'embête davantage c'est que j'ai maintenant un décalage qui va être chiant à remettre en place. Aujourd'hui j'aurais peut être été remplacé, si demain je ne m'occupe pas des chevaux, je ne doute pas que le directeur va venir me tenir deux mots. Enfin bon, je n'aurais cas dire que j'étais en grève, ça a toujours tendance à faire rire les autres. Un des côtés pratiques à être français.

Je n'ai pas envie d'ouvrir les yeux, en fait je suis bien là. Même s'il n'est plus allongé à côté de moi je sens toujours son odeur et la chaleur de son corps n'a pas totalement disparu. Je l'entends qui marche sur le parquet de sa caravane pour ramasser de quoi s'habiller. J'imagine que c'est le début de sa journée. Il est réellement si tard que ça ? Merde. Je m'étire légèrement, prenant le plus de place possible sur le lit puisque je peux maintenant me le permettre et je finis par sourire et ronronner un petit « bonjour ». Je n'ai vraiment pas l'impression d'avoir bu cette nuit, pourtant la modération n'était pas avec nous. Après je ne suis pas encore sorti dehors non plus, peut être la luminosité aura raison de moi. Quoique s'il est déjà dix-neuf heures passées, le soleil ne tardera pas à décliner.

Je finis par me relever pour m'asseoir en tailleur, face à Belphégor. Je me frotte les yeux avant de les ouvrir et de le voir, totalement habillé, sur le départ. Je ne voudrais pas le retarder, mais j'aurais été un peu triste de ne pas le voir partir. Ou alors il aurait dû me réveiller pour me faire sortir. Mais je n'ai pas l'impression qu'il avait l'intention de le faire. « Tu reprends le travail aujourd'hui » la fête c'était hier. J'espère que ses blessures lui font moins mal. C'est vrai que c'est comme ça que j'ai atterri ici. Il est venu pour faire la fête à côté du fleuve, et je n'ai pas supporté de voir ses poignets maltraités ainsi. Ensuite on est venus ici, on a bu, et on a... Détruit des murs.

Mon cœur bat fort, je ne l'avais pas entendu raisonner dans mes oreilles depuis un moment. J'ai mal comme lorsqu'on se relève après être resté assis trop longtemps. La même douleur aiguë qu'on peut ressentir dans les reins, mais au niveau du cœur, comme si l'on y plantait une flèche empoisonnée. Peut être que Belphégor en a, ainsi qu'un arc invisibles et qu'il a décidé qu'il me prendrait pour un caribou. Je ne montre rien cependant, il n'a pas besoin de savoir qu'il me fait mal, certainement ne le fait-il même pas exprès. Et de toute façon ça ne va pas durer. A peine aura-t-il quitté la pièce, que je reconstruirai ce qu'il a détruit cette nuit. Comme une plaie qui guérit, mais avec un effet bien plus pervers derrière.

« J'ai l'impression d'être un oiseau de nuit, c'est pas si différent finalement, il y a juste plus de mouvement dehors au réveil »

C'est vrai qu'à cette heure là, le cirque est bien éveillé, il prépare le grand show, il prépare ses artistes, il commence à vivre de manière spectaculaire. Le matin tout est plus calme, plus lent, et plus frais. Les artistes dorment, le staff prépare la piste pour ces derniers. Enfin le matin au cirque c'est à neuf heures, n'exagérons rien non plus, ce ne sont pas des horaires d'usine. La marmotte que je suis apprécie réellement de vivre dans un endroit qui se repose quand les nuages forment encore du brouillard. Je regarde Belphégor, j'espère qu'il n'est pas grognon au réveil, et aussi qu'il ne regrette pas. De m'avoir laisser rentrer ici, rester ici, et dormir ici. Il n'y aucune autre odeur que la sienne ici, et maintenant j'y ai laissé mon empreinte. Du coup j'ai un peu peur qu'il m'en veuille en un sens, je pense que je le vivrais assez mal. Putain de lui qui a explosé mes barrières de protection, déjà je commence à devenir fragile.
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Sujet : Re: Je serai presque une ombre... ϟ Bello   
Publié : Jeu 16 Nov - 19:13

Il l’entendit bouger et s’étirer entre ses draps. Il lui dit un simple bonjour. Mais la tonalité de sa voix lui confirma qu’il souriait, qu’il était heureux, qu’il était bien. Ne ressentant aucune souffrance de la veille qui pourtant était arrosée… ça avait commencé par des bières, puis de l’alcool plus fort, du schnaps… Bel tourna sa tête et regarda la carcasse vide des bouteilles sur le sol pas loin du lit… Il s’en occupera plus tard. Ce n’était pas un problème pour lui. Il s’en fiche… Il n’y avait pas grand-chose dans sa caravane de toute façon donc, on ne peut pas dire que c’était réellement le bordel là-dedans quand quelque chose trainait par terre… !

Son palefrenier lui fit part de sa constatation une fois qu’il fut assis sur son lit, dans sa tenue de la veille révélée par les draps posés sur quelque partie de son corps… Bel ne releva pas, faisant comme s’il n’existait pas, alors que c’est tout le contraire. Le moindre mot, le moindre de ses gestes est enregistré analysé et interprété… Comme chaque fois. Il allait bel et bien devoir travailler aujourd’hui et jamais il n’a manqué un jour de travail. Jamais… ça faisait partie de la construction de sa réputation au sein du freak show.

Son cœur se serre… Il se souvient d’hier… Il se souvient de chaque geste qu’il a posé sur lui. Chaque murmure, chaque mot qu’il a prononcé à son attention… Et de certains en particulier… Surtout de certains en particulier… Quelque part, il espérait qu’il ne les ait pas entendus, mais cet espoir est vain. Le tatoué sait qu’il s’en souvient… Il revoit son regard. Il ressent encore son corps, cette prison qu’il a démolie hier pour venir l’extirper. Lui arracher le cœur, le prendre et le conserver. Il sait que ces mots l’ont atteint… Il sait qu’ils ont eu un impact certain… C’est là qu’il se fait la morale intérieure… C’est là qu’est la preuve que les mots ont une puissance que le commun des mortels ne soupçonne parfois pas… Et hier, il s’est laissé aller à rendre palpable ses échos, ses ressentis et ses sentiments qu’il éprouve envers cet être humain en particulier… Hier, il l’a emmené dans son monde.

« J'ai l'impression d'être un oiseau de nuit, c'est pas si différent finalement, il y a juste plus de mouvement dehors au réveil » ajouta-t-il en attendant surement une réaction de sa part…

Le monstre afficha un léger sourire en coin. Il venait de souligner la différence qui les sépare. Leurs deux mondes vivent séparément, c’est vrai. Un monde nocturne auquel il ne doit pas être si habitué… même si c’est un fêtard, vivre en mode nocturne, c’est une toute autre conception. Une toute autre organisation… Même s’il ne trouvait pas cela si différent de son monde diurne à lui, il ne soupçonnait pas l’ampleur de tout ce qu’il se cache dans l’ombre d’une nuit… Cette naïveté légère qui lui est propre est si rafraichissante chez l’être humain, qu’il pourrait en tomber amoureux.

Il tourna enfin sa tête vers Apollo et le regarda les yeux brillants, où aucune agressivité n’apparaissait et où une neutralité de pensée luttait pour apparaître. Son regard était doux envers lui… Différent. Sans bouger il lui demanda en se forcent à regarder cette personnalité froide, distante et neutre qu’on lui reconnait :

« Tu veux quelque chose pour déjeuner ? »

Lui annonça-t-il dans une promesse sous-entendue qu’il devait aller chercher son petit-déj avant d’éveiller des soupçons et des rumeurs, et il reviendrait avec de la nourriture ici, avant de commencer sa journée…


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Sujet : Re: Je serai presque une ombre... ϟ Bello   
Publié : Sam 18 Nov - 22:51





Je serai presque une ombre...
// Belphegor
Qu'est-ce j'irais faire au paradis, quand tu t'endors près de moi. Qu'ils le donnent à d'autres le paradis, je n'en voudrais pas

Belphégor n'a pas l'air très bavard au réveil. A moins que ce ne soit que ce réveil là. Toujours est-il qu'il ne semble toujours pas gêné, en colère ou dépité. Mais il n'a pas non plus une expression de joie ou d'amusement sur le visage. Stoïque et neutre. Je ne sais pas trop quoi en penser, peut être est-il en train de réfléchir, ou simplement il n'est pas assez éveillé et ses zygomatiques ont du mal à se mettre en route. Mais je crois qu'il est davantage dans l'optique que ce soir Belphégor reprend le travail et donc sa façade de neutralité désabusée. J'apprécie aussi cette partie pudique de lui, on ne peut pas deviner de quoi il pense donc impossible de s'avancer ou d'y voir une quelconque malveillance. L'inverse est aussi vrai, il n'a l'air affecté par rien, mais s'il a quelque chose à dire il le dit simplement. Honnête et discret. Tout le contraire de la plupart des gens qui en font toujours trop et mentent comme ils respirent.

Il me regarde, et ses yeux en disent bien plus que son expression, sa considération envers moi est visible, d'ailleurs elle l'a toujours été, puisque cela fait parti de sa prestation et de sa personne. Les deux étant liées. Tous ses clients sont respectés, sont pendant le temps de son service son unique intérêt. C'est ce qui fait qu'on en redemande en général. C'est si gratifiant d'être admiré, aimé. Belphégor aime les gens, en tout cas dans le cadre de son travail il les aime, et il le leur montre. Et comme il est égale avec tout le monde, l'égalité est de mise, personne ne se sent amoindri, méprisé ou mis de côté. Pourtant, en dehors de ta tente, il ne m'avait pas encore été donné de constater cet amour. Comme s'il refuser à sa personne ce qu'il laisse aller avec son personnage. Est-ce qu'il se serait hier soir, permis d'aimer en dehors de ses horaires habituels.

Un petit déjeuner si tard ? Pourquoi pas ! Mais avant ça, je comprends qu'il ne souhaite pas que je sorte de sa caravane. Et je ne sais pas pourquoi. Il n'a pas l'air gêné, et il me l'aurait certainement dit si c'était le cas. Pourtant je sens bien qu'il y a quelque chose. Comme s'il ne savait pas gérer la situation. Il est calme et il ne montre rien, mais c'est comme si je pouvais percevoir les engrenage tournant dans sa tête.

« Tu ne veux pas que je sorte ? D'accord pour le ravitaillement ! »


Je lui souris, pourquoi serai-je en colère ou vexé, je suis chez lui et je peux m'estimer heureux d'avoir reçu de l'affection alors qu'il n'était pas dans sont costume de travail. En réalité je devrait m'en inquiéter, me demander s'il était honnête ou si l'alcool a parlé à sa place, si les mots étaient les bons ou s'il a honte de tout ça. Peut être bien que j'ai peur que ce soit réellement le cas. Mais je crois surtout que l'amour qu'il me porte est le même qu'il porte à tout le monde, dans un autre contexte, et cette simple réalité me réchauffe. Néanmoins est-ce que c'était un coup de tête, est-ce que c'est parti comme c'est arrivé ? Il faudra bien un jour que je le sache, et je ne préfère pas laisser durer la chose et risquer que cela devienne compliqué. Ou douloureux. Une prison sans mur c'est bien, mais seul il y fait encore plus froid.

« Mais avant que tu ne partes, j'aimerais te dire que tu es très beau quand tu souris, et que ce serait dommage que je n'ai plus le droit de voir ça »

Je me suis levé pour me rapprocher de lui. Doucement, plantant mon regard dans le sien, avec la discrétion d'une panthère noir. De toute manière il fait tellement sombre qu'on s'en fiche bien de la couleur ou du félin. Et tant pis si à la lumière je ressemblais davantage à un gros matou maladroit. Ma main se pose sur sa joue, j'espère qu'elle n'est pas trop froide, et mes lèvres se posent sur les siennes. Ce n'est pas plus pour moi que pour lui, c'est pour nous, parce qu'il ne pas pas encore tué du regard ou insulté en me jetant dehors. Parce qu'il a dans les yeux quelque chose d'imperceptible et pourtant terriblement brillant et parce qu'on a bien besoin de ça pour débuter la journée. Ou la nuit, mais là n'est pas l'important.

« J'aurais besoin de courage pour affronter les regards des artistes qui comptent sur moi pour avoir des montures bien brillantes et qui sentent bon. J'en ai déjà une bonne dose en plus maintenant ! »
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Sujet : Re: Je serai presque une ombre... ϟ Bello   
Publié : Ven 15 Déc - 18:47


« Tu ne veux pas que je sorte ? D'accord pour le ravitaillement ! » * Non. Tu l’auras deviné, il ne faut pas que tu sortes maintenant… Parce que je sais qu’on m’épie et parce que je sais que si on voit quelqu’un sortir de ma caravane, des rumeurs vont naître… Et je n’ai pas envie que tu sois la cible de ces rumeurs… Quant à moi, je m’en fiche ! Ô combien ! J’ai vécu toute ma vie dans les moqueries et les attaques des autres… Ça ne me fait plus rien. J’ai l’habitude. Ça me fait même rigoler parfois… Qu’elle puérilité… ! Mais c’est malheureusement humain… * Il sait que certains regards curieux et/ou malveillants sont tournés vers sa caravane… C’est le personnage qu’il incarne qui fascine certains circassiens… Quelle que soit la nature de leurs intentions ! Et pas que… Il est déjà arrivé que même le public se faufile pour pouvoir l’épier, prendre des photos clandestines du ‘monstre’ du cirque… Après tout, c’est comme ça qu’il a commencé ! Exhiber son corps et ses tatouages dans le but d’amasser du fric pour faire vivre le cirque et participer à la vie au sein de ce refuge.

Bel enfile son traditionnel pull à capuche.

« Mais avant que tu ne partes, j'aimerais te dire que tu es très beau quand tu souris, et que ce serait dommage que je n'ai plus le droit de voir ça » Lui dit-il. Alors, il arrête ses gestes. Tourne à nouveau son visage vers son invité et lui souris. Automatiquement. Touché et amusé par ces mots…

* Merci…* Pensa-t-il. Et il reprit silencieusement l’entreprise de son camouflage pour le monde extérieur. * Tu auras toujours le droit de me voir sourire… Et ce n’est pas un droit comme tu sembles le penser, mais une malédiction ! … Si tu savais à quel point c’est une malédiction pour toi de me voir sourire… Ce sourire trahis mes échos de pensées. Il trahit ce que je peux ressentir… Comme tout être humain ! Moi qui pensais être si différent de vous et de n’être touché que par très peu de chose en ce bas monde… Et puis, ne t’ayant jamais souris auparavant, maintenant que je le fais… qu’est-ce que tu dois penser de moi ?! Je suis faible… Parce que j’ai souris. Parce que je t’ai souris. Parce que je me suis trahis…*

Il se leva et se rapprocha de lui. Son regard vint immobiliser le sien. Posant sa main sur sa joue, il s’immobilisa complètement. Ses lèvres viennent lui faire ce cadeau de frôler les siennes. Il ferme les yeux. Il accueil cet instant. Ce doux moment qui ne dure que quelques secondes… Il ne le repousse pas. Il ne l’attaque pas… Il se laisse faire. Il le laisse approcher. Il se laisse envahir par lui.

« J'aurais besoin de courage pour affronter les regards des artistes qui comptent sur moi pour avoir des montures bien brillantes et qui sentent bon. J'en ai déjà une bonne dose en plus maintenant ! » * Ravi d’avoir pu te donner du courage aussi simplement que par ce simple baiser… * Il pensa qu’il ne lui fallait pas grand-chose pour pouvoir sortir de cette cachette…
Le monstre le regarda après sa réplique. Ses yeux brillèrent toujours autant. Son visage était plus expressif et moins froid. Moins mort. Plus humain… Peut-être que c’était ça qu’il fallait faire… Peut-être que c’était ça, ce rituel – passage obligé – pour connaître et estimer chaque être humain … ?

Bel enfila sa capuche et sorti. Sans dire un mot… De toute façon, il n’en avait pas besoin. Apollo commençait à le comprendre. Bel sentait qu’il commençait réellement à comprendre comment il fonctionnait et comment il communiquait avec les autres… Et il peut se vanter d’être l’un des premiers à l’avoir compris !  

Le tatoué revint assez rapidement dans sa caravane avec deux petits déjeuner. Il devra affronter les sous-entendus perfides et lubriques du commis qui se charge de préparer son petit déjeuner… Pour une fois qu’il en demande deux, forcément, ça laissera sous-entendre que quelqu’un d’autre est dans sa caravane … !  C’est pour ça qu’il n’en demandera qu’un. Qu’il offrira à Apollo. Lui, il se contentera de manger une pomme discrètement glissée dans sa poche ventrale…

Revenant, il déposa le plateau sur une tablette qui lui sert souvent de table. Il y avait du café très noir sans sucre, du pain et un œuf au plat, salé et poivré. C’est ce qu’il a l’habitude de manger… Et malheureusement, pour éviter d’éveiller les soupçons, le palefrenier allait devoir se glisser dans sa peau ce ‘matin’… !

« Mange tant que c’est chaud… » Lui dit-il en guise de bon appétit.

Quant à lui, il sortit sa pomme, la frotta et croqua dedans sans attendre…
Pendant ce temps, le monstre commença à préparer ses affaires… Ses affaires de douche, son ‘costume’, son matériel,… Il prit même de quoi penser ses plaies au cas où elles viendraient à se ré-ouvrir… Tout ça, sans forcément prêter attention à son invité qu’il était en train de protéger et de préserver des regards des autres… Son prisonnier.


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Sujet : Re: Je serai presque une ombre... ϟ Bello   
Publié : Ven 15 Déc - 22:59





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Qu'est-ce j'irais faire au paradis, quand tu t'endors près de moi. Qu'ils le donnent à d'autres le paradis, je n'en voudrais pas

Je soupire alors qu'il quitte la caravane. Je me demande si Belphégor n'est pas un peu parano. Enfin je ne vais pas sortir et risqué de lire dans son regard de la déception. Il ne fait pas ça pour rien, me retenir ici. Il ne fait rien pour rien, et aussi perturbant que cela soit-ce, c'est en parti ce que j'aime chez lui. Après son sourire. Cet homme mériterait d'être heureux et insouciant. A la place il est fermé et parano. Mais ce ne sont pas des défauts insupportables, à côté de ça il est bienveillant et rassurant. Ce qui est très contradictoire, mais je suis un habitué des contradictions.

J'attends calmement, regardant un peu la décoration de sa caravane. Sobre, sombre, et étrangement chaleureux. Trois qualificatifs qui vont très bien à l'homme qui y vit par ailleurs. Je me demande ce qui lui passe par la tête quand il ne dit rien. Mais je me rassure en me disant que si quelque chose n'allait pas, il le dirait. Même si hier j'imagine qu'il ne comptait parler à personne de ses blessures. Insaisissable et altruiste. Ou juste un terrible manipulateur. Enfin pour qui ne le connaît pas. Je ne sais pas comme il se voit, mais je sais comment il voit les gens, et je sais qu'il les aime. Autant qu'il les craint.

Je n'ai pas à entacher ma patience, Belphégor s'est dépêché. Il est parti peut être cinq minutes, sept tout au plus. Et il rentre à sa caravane, capuche sur la tête, plateau dans les mains qu'il pose naturellement sur un espace plat dont il doit se servir de table. Que de bonnes choses sur ce plateau, même si je préfère le café sucré ou le thé. Mais comme il n'en a pris qu'une ration de toute façon, je vais plutôt le lui laisser. D'ailleurs je vais un peu partager avec lui, puisque je le vois sortir une pomme de sa poche. C'est pas un petit déjeuner ça, et mon but n'est pas de l'affamer.

« Toi aussi, je ne travaille plus à cette heure, c'est toi qui a le plus besoin de force »

Je laisse ainsi la moitié de l'assiette et le café. Il n'y a que le pain finalement que je mange entièrement. Mon côté français certainement. S'il ne veut pas gaspiller il faudra qu'il mange. Moi je ne compte pas lui prendre sa part. Même si je ne comprends pourquoi il veut absolument éviter qu'on puisse savoir quelqu'un ici. C'est pas comme si il avait quelque chose à faire des remarques extérieures. Il est du genre à ignorer le monde où à lui répondre façon Belphégor en rappelant que personne ne vaut mieux que personne. Philosophie qui m'est très chère.

Il est déjà prêt à filer et moi je n'ai même pas pris le temps d'enfiler un quelconque habit. De toute manière c'est pas comme si j'allais sortir n'est-ce pas. Ce qui m'inquiète un peu d'ailleurs. Si'l a tant peur qu'on le sache en compagnie, quand est-ce que je vais pouvoir partir moi aussi ? Pas que je ne me plaise pas ici, mais j'ai aussi une douche à prendre, et surtout, je n'apprécie guère l'idée de ne pas comprendre. Si je prenais le parti de rester et de l'attendre, pourquoi pas, mais comme il me le demande, enfin qu'il fait en sorte que je ne sorte pas, et que je ne comprends pas pourquoi, ça m'agace un peu.

« Tu compte faire de moi la princesse captive ou bien faudra-t-il que je fuis dans la nuit, encapuchonné comme peau d'âne ? Pourquoi ne pas tout simplement sortir, aller se doucher et oublier les autres. Tu sais bien le faire habituellement »

Je suis peut être un peu précipitant et un peu virulent aussi. Je n'ai pas haussé le ton ou donné un ton particulièrement embêté ou énervé mais mes simple parole peuvent être interprété comme de la défense agressive. Il n'en est rien, je cherche une conversation, je cherche quelque chose pour me rassurer. Belphégor n'est pas bavard, mais il doit bien se rendre compte de mon incompréhension. Peut être qu'il ne voudrait pas me rassurer, ou me répondre, et peut être que j'en attend trop et que ça ne me ressemble pas. Mais mon comportement étrange coïncide avec le sien.

Je crois qu'on est un peu perdu tous les deux, et qu'on cherche tous les deux du réconfort. Mais je ne sais pas si nous sommes de toute façon prêts à en recevoir.
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Sujet : Re: Je serai presque une ombre... ϟ Bello   
Publié : Lun 18 Déc - 22:44

Il entame sa pomme sereinement en pensant déjà à la liste de clients qui s’est certainement déjà remplie et qui l’attend sagement dans sa tente…
Mais même s’il ne prêtait pas attention à ce que son prisonnier mangeait, il remarqua tout de même qu’il laissa la moitié du déjeuner qu’il avait ramené. « Toi aussi, je ne travaille plus à cette heure, c'est toi qui a le plus besoin de force » Il baissa le regard en guise de résignation. En guise d’un merci caché… Apollo… Son attention le touche dans ce petit geste simple. Bien qu’il n’y était pas obligé.

« Tu comptes faire de moi la princesse captive ou bien faudra-t-il que je fuis dans la nuit, encapuchonné comme peau d'âne ? Pourquoi ne pas tout simplement sortir, aller se doucher et oublier les autres. Tu sais bien le faire habituellement » C’est vrai… Il avait raison. Mais d’un autre côté, il est libre de prendre ses propres décisions. Le monstre n’avait juste pas envie qu’il soit la cible de ragots, comme lui peut l’être. Il sait combien ça peut être dur à supporter. Surtout dans cet endroit où une rumeur s’étend aussi rapidement qu’un courant d’air qui claque toutes les portes des caravanes en une fois ! C’est horrible.. Lourd.. ça peut changer une vie du tout au tout. Il en a conscience.

Bel s’installa alors à côté d’Apollo et bu une gorgée de café avant de lui répondre d’une voix plutôt calme et emprunte d’une légère gravité qui accentuait le sérieux de ses propos :

« Tu as raison… J’veux juste protéger ce qui doit l’être. »

Répondit-il en toute simplicité, laissant sous-entendre tout ce qui devait l’être derrière ces mots courts et simples. Apollo le connaissait bien et en utilisant ces termes, il savait qu’il comprendrait sans en dire plus… Des mots inutiles à dire. Parce qu’ils sont trop évidents lorsqu’on connait le spécimen. Parce qu’ils sont trop évidents lorsqu’on connait la situation. Parce qu’ils sont trop évidents… point.

Il attaqua alors la moitié de l’assiette qui lui restait et termina la tasse de café. Le regard fuyant, il n’osait pas trop regarder Apollo, parce qu’il se souvenait de ces mots brûlants qu’il lui a dit la veille… Ce genre de mot qu’il ne dit jamais. Ce genre de mot qu’il n’a jamais eu l’occasion de dire à qui que ce soit, les jugeant trop forts ou justement, pas assez… Jugeant les êtres humains qui témoignent leur affection par ces mots. Affection qui est une sorte de grosse faiblesse pour lui… C’est dur. Mais finalement, il les a dits… Dans les meilleures conditions ? Il ne pense pas… Il lui faut du temps pour analyser ce qu’il a fait, ce qu’il a dit car, c’est la première fois pour lui qu’il se comporte en tant qu’être humain lambda. Êtres humains qu’il observe depuis longtemps. Êtres humains qu’il juge majoritairement faibles…  Alors que certains lui ont prouvé le contraire à maintes reprises.

Maintenant que le petit déjeuner était terminé, il se releva et rangea rapidement. Il porterait sa vaisselle plus tard. Il regarda Apollo et lui souffla :

« Tu es libre de partir quand bon te semble… Fais… » Un instant d’hésitation vint casser ce rythme reflétant la neutralité qu’il a depuis toujours et il poursuivit avec un ton un peu plus doux, illustrant l’affection qu’il a envers cet être particulier : « … Fais attention à toi. »
Lui avoua-t-il. Puis après ça, il vint déposer un baiser sur le front de son palefrenier avant de quitter les lieux… Il aurait aimé lui dire de faire attention à ne pas éveiller les soupçons des mauvaises langues. Leur donner raison de pourrir sa réputation. Leur donner raison de s’amuser à baver sur son dos nourrissant ce simple plaisir à faire du mal gratuitement et indirectement… Même s’ils font partie d’une grande famille, certains sont des serpents qui n’hésiteraient pas à remuer la merde pour ennuyer et taquiner leurs comparses. Parce que c’est rigolo. Parce que ça mettrait un peu d’ambiance dans cette vie morne qui est la leur…  


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Sujet : Re: Je serai presque une ombre... ϟ Bello   
Publié : Mer 20 Déc - 0:09





Je serai presque une ombre...
// Belphegor
Qu'est-ce j'irais faire au paradis, quand tu t'endors près de moi. Qu'ils le donnent à d'autres le paradis, je n'en voudrais pas

Je souris. Ses mots me touchent, en fait je crois qu'il m'émeut. Depuis quand suis-je si faible face à de simples mots doux. Mais comment faire autrement, maintenant que les barrières sont tombées, et qu'il semble ne pas regretter ses paroles. Il s'occupe de moi avec une tendresse que je ne lui connaissais pas. Respect, intérêt et reconnaissance. C'est ce que montre le freak à ses client. Mais de la tendresse, même moi, qu'il ne considérait pas comme un client, je n'y avais jamais eu droit jusqu'à hier. Mais aurais-je eu la force de recevoir de tels sentiment, de les accepter et de penser aux miens.

D'ailleurs les miens, où en sont-ils. J'imagine que mes larmes n'ont pas aidé mon amant à se faire une idée de ces derniers. Au mieux il a compris que ce n'était pas des larmes de tristesse ou de colère, mais moi même je ne suis pas sûr que ce n'était pas de la douleur. Mais le bonheur ne s'atteint-il pas en faisant de douloureux efforts ? Je ne sais pas. Mais est-ce que le bonheur est directement associé à l'amour, qu'il soit reçu ou donné ? Tant de question que mon esprit d'homme simple et perdu. Je ne sais pas si je suis capable d'aimer, mais j'apprends à l'être, et pour le moment, je suis très heureux. Déboussolé, brisé, mais heureux.

Il est assis à côté de moi, se nourrissant pour préparer son corps aux longues heures de travail nocturne qui l'attendent. Il est calme, discret et il me met à l'aise. Il me donne envie de rallonger l'instant le plus possible, alors qu'habituellement je ne ressent cela qu'au lit. Il est ouvert, lisible, et il n'a pas peur d'afficher son angoisse et ses inquiétudes, il a laissé tombé le masque, comme si hier, en détruisant ma prison et en s'imposant dans mon cœur avec trois simple mot il avait lui aussi décidé de se briser. Ou au moins briser ce masque de pierrot qui le rend à la fois parfait et inaccessible. Pas sûr qu'il me laisse le rejoindre comme ça en lui rentrant dedans, mais maintenant il accepte au moins de me laisser le voir. Et moi j'en demande pas plus. C'est déjà bien trop par rapport à ce que je peux faire.

De toute manière Belphégor redécouvre sa condition. Celle d'être humain qui ne se considère plus que comme un monstre depuis des années. Dont la beauté naturelle n'est visible qu'en l'observant d'assez prêt, et dont les émotions ont été scellées pour ne laisser place qu'à un masque de neutralité posé sur un visage grimé et encré. Pourtant il n'est pas compliqué, lorsqu’on le regarde asse longtemps, d'imaginer ce même visage, sans artifice, simplement, de la peau, des joues rosies, ses yeux verts entourés de cils. Pas de sourcils, il n'en a pas, c'est pas grave, les muscles du visage n'ont pas besoin de ça pour être communicatifs. Pourquoi pas portant un chapeau classique et des lunettes rondes. Et son sourire qui resterait le même, avec ou sans tatouage. Un sourire si chaleureux, si rassurant.

Pourquoi porter un masque qui cache un si beau sourire. Je n'ai pas envie de le lui demander, je sais que la plupart des protections sont créée pour ne pas affronter les peurs. Je ne sais pas de quoi il a peur, mais je ne compte pas entretenir cette angoisse. Je veux le rassurer moi aussi, lui dire que s'il en a besoin je suis là, même s'il ne s'agit que d'éviter la crampe à la mâchoire à force de serrer les dents pour affronter ce qui nous déplaît et nous dépasse. S'il a besoin de quelqu'un à qui sourire ou si simplement il a besoin de retirer ce masque avant qu'il n'adhère à sa peau et qu'il ne disparaisse à travers lui. Quand quelqu'un est beau, il ne faut pas le laisser se gâcher.

Je le regarde, il ne me donnera rien de plus. Il a déjà dépasser sa propre limite. Deux fois en moins de vingt quatre heures. Trois fois en fait. Mais cette petite attention, cette intimité, et tout ce qu'il m'a déjà offert. C'est plus que je n'aurais pu eu supporter moi même. Si nous n'avions pas aussi franchit mes limites. Heureusement cependant qu'il ne m'ait pas demandé de revenir en arrière. A la place de ma prison il y a un terrain miné, brûlé et qui n'attend que ma désillusion. Je préfère pouvoir garder sa main dans la mienne au milieu d'un champs de fleurs hanté de possibles.

Il se redresse, prêt à quitter les lieux. Je reviens à la réalité, celle où je vais devoir me séparer de lui. Celle je me rends compte que j'étais trop bien en sa compagnie. Celle où je me fait du souci, en espérant que ses blessures ne se rouvriront pas, où qu'il n'aura pas un client trop fou, ou trop con. Celle où je ne veux pas le décevoir, où je me mets la pression tout seul alors que je sais que je n'ai aucune raison de le faire, et qu'il n'aimerait pas le constater. Celle où je me rends compte qu'il va quitter sa caravane en me laissant là, alors qu'il n'est visiblement pas du tout serein. Celle où je ne peux pas simplement le regarder faire.

« J'ai deux majeurs, et je sais comment m'en servir. Tu sais ce qu'on dit, le venin des vilains crapauds n'atteint pas les blanches colombes. Je veillerai à ce que tu n'entendre aucun murmures nous concernant, veille à ne pas les laisser te faire du mal. »

Je parle de ses clients. Je sais qu'il l'aura parfaitement compris. C'est un bon deal non. Pas de rumeurs, pas de blessures. Il n'est pas obligé de le respecter, qui serais-je pour lui donner des ordres ou me considérer comme supérieur à sa personne. Je ne suis qu'un homme inquiet, qui n'a plus peur de le montrer. C'est un juste retour pour ce qu'il a fait. Il est sorti et mon cœur à douloureusement sauté en même temps qu'il a refermé la porte.
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Sujet : Re: Je serai presque une ombre... ϟ Bello   
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